B Arnault

 

"L'innovation est au coeur du changement" cette mauvaise accroche publicitaire prend malgré tout ici son sens, car pour la première fois je me permet de vous proposer un petit article de presse fait par mes soins !

Celui-ci a été rédigé dans le cadre d'un exercice de préparation à l'Ecole de Journalisme de Lille ayant pour sujet "Patrons français : tous pourris ou mal aimés?". Bien qu'étant à la base un exercice de "synthèse" en 1000 mots maximum d'un dossier contenant de nombreux articles concernant le patronat en France, j'ai certainement détourné celui-ci quelque peu en exercice de rédaction plus ou moins libre mais qu'importe, il convient parfois de miser sur l'originalité, bonne lecture !

"Historiquement, le visage du patronat français est complexe à saisir. Qu’il semble magnifié par une figure du patron paternaliste à l’image d’Henri Schneider au XIXème siècle ou plutôt conspué comme le fut Jean-Baptiste Réveillon à la veille de la Révolution, la crise économique actuelle qui sévit partout en Europe repose concrètement la question des liens entre patrons et travailleurs mais plus globalement réinterroge l’opinion que le peuple se fait des dirigeants d’entreprises. Si la une du journal Libération datée du 24 Janvier 2013 intitulée « Les secrets belges de Bernard Arnault » tend à dénoncer une possible tentative d’exil fiscal de la part du patron de LVMH (Louis Vuitton Moët Hennessy) représentant des entreprises du luxe en France, il semblerait concrètement qu’un certain nombre de médias tentent de montrer les patrons comme « tous pourris ». Dans le domaine politique, face aux licenciements économiques, cette vision d’un patronat malhonnête permet d’appuyer les thèses en faveur d’une plus grande taxation de ces derniers ou encore d’un contrôle plus fort de l’Etat sur les entreprises comme le réclamait Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte Ouvrière, dans une interview donnée à BFMTV le 5 Février suite aux manifestations contre la fermeture de l’usine Petroplus de Petit-Couronne en Seine-Maritime. Si l’extrême-gauche peut faire figure de parti d’opposition forte au patronat en général, celui-ci est loin de recueillir la majorité des voix française comme en témoigne le relatif échec du Front de gauche représenté par Jean-Luc Mélenchon aux élections de 2012, les critiques envers le patronat bien que réelles semblent alors constituer un « ras-le-bol » plutôt qu’un véritable front contre les patrons de la part de la société.

Suivant ce constat, pour autant que l’opinion générale semble avoir une mauvaise image du patron, homme de pouvoir et calculateur, ne cessant de s’enrichir alors que des milliers de personnes perdent leur emploi, il convient d’interroger le vrai du faux, les patrons sont-ils réellement tous véreux et dirigés par leur soif d’argent ? Ou le malaise est-il plus profond ? Cette colère contre le patronat n’est-elle pas le reflet d’antagonismes sociaux toujours plus fort et d’un sentiment de malaise global d’une société en crise ?

Concrètement que reproche-t-on aux patrons aujourd’hui ? De multiplier les licenciements économiques dans certaines entreprises qui font pourtant du profit. L’argument des dirigeants est alors celui de la productivité dans le cadre de la mondialisation. Certes les patrons français gagnent de l’argent aujourd’hui mais doivent se projeter dans un futur où la concurrence semble toujours plus féroce et dont le mot d’ordre semble être « Produire plus, dépenser moins, pour continuer à gagner ». C’est peut-être là que le bât blesse, car fondamentalement la question des travailleurs français porte justement sur qui continue à gagner : le patron. Face à cette accusation, Laurence Parisot, présidente du MEDEF, organisation patronale représentante des dirigeants français d’entreprise, rappelle dans un article en ligne du journal Lacroix daté du 2 mars 2008 « Que l’on est patron pour servir et non pour se servir ». Dans cette optique certains dirigeants ont choisi de mettre en avant leur politique de partage des profits de l’entreprise ou encore de multiples appels ont été lancés pour limiter les salaires du patronat comme en témoigne celui de Didier Cornardeau président de l’APPAC (Association des petits porteurs actifs) dans un article en ligne de RMC datant de Juin 2012 « Il y a une période de crise, il faut que tout le monde soit sérieux sur les rémunérations ». Pour autant, cette volonté de réguler les profits et d’assagir le patronat semble s’effacer face à la dénonciation des abus et à la multiplication des affaires et scandales comme en témoigne l’article du 4 mars 2008 de l’Humanité intitulé « Bras de fer UIMM/MEDEF : le patronat se fiche bien de nous ! » dénonçant le versement d’une indemnité « de 1,5 millions d’euros » par l’UIMM (Union des Industries et des Métiers de la Métallurgie) à son ancien président Denis Gautier-Sauvagnac alors que la France subit de plein fouet la crise économique.

Suivant ce constat, il est vrai que dans un climat économique et social morose, l’augmentation globale des profits de 4% des patrons du CAC40 sur l’année 2012, la multiplication des affaires de corruptions ou de malversations au sein des grandes entreprises sont autant d’éléments venant ternir l’image du patronat en France mais alors que faire ? Si le MEDEF et la politique de François Hollande malgré sa volonté de responsabiliser les patrons semblent échouer quels acteurs peuvent faire bouger les choses ? Les employés ? Les patrons eux-mêmes ?  Le dynamisme d’un pays est certes incarné par sa force de travail mais également par ses grands leaders. De nombreux médias mettent en avant l’émergence des « entreprises sans patrons » où la hiérarchie est supprimée et où les employés fixent eux-mêmes leurs objectifs, heures de travail… Ces nouvelles formes d’entreprises ne sont pas sans rappeler l’idéal communiste de la mise en commun des moyens de productions et demandent à être étudiées de près pour en comprendre au mieux les forces et les faiblesses. Malgré ces initiatives un monde sans patron semble encore utopique et la question de ses bénéfices reste encore à poser. Actuellement, les patrons semblent les seuls à pouvoir réellement redonner confiance aux travailleurs français non seulement envers le patronat lui-même mais plus globalement dans l’avenir. Ils sont en effet au premier plan économique et ne peuvent pas de façon respectable jouer leur rôle de leader tout en étant perçus comme des « voyous ». Rester intègre, Respecter les travailleurs et l’opinion publique, Relever humainement le défi de la mondialisation, une règle des « trois R » que chaque patron consciencieux devrait prendre comme leitmotiv afin de calmer les tensions entre travailleurs et dirigeants et peut-être plus largement entre « les pauvres et les riches » car avant tout c’est cet antagonisme de classe qui est illustré par le problème du patronat en France. "

En photo : Bernard Arnault dirigeant du groupe LVMH (source : google image)