Incomprise, stéréotypée et souvent instrumentalisée, la génération Y est au cœur du débat médiatique. Mais que pensent les jeunes de ce que l’on dit d’eux? La rédaction de RadioVL se penche sur la question et tente d’apporter des éléments de réponse. Un indice: il n’y a pas qu’un avis…

 

Alexis-Photo11

Moi, Lucien, 22 ans, pur produit de la génération Y

Mardi 18 Mars 2014, le documentaire Apocalypse sur la Première Guerre Mondiale vient de passer à la télévision sur France2. L’occasion pour nous les jeunes, cent ans après ce triste événement, de percevoir une autre réalité, beaucoup plus dure et inhumaine, celle de nos arrières grands-parents envoyés au front. Certes avoir 20 ans en 1914 ou en 2014 n’est nullement comparable. Pourtant hier comme aujourd’hui, la jeunesse représente le dynamisme, sorte d’élan vital de la société qui lui est indispensable. Et cela il convient de ne pas l’oublier.

 La génération Y doit dire stop à la morosité

« La vie était plus simple à l’époque de nos parents » est une phrase que nous avons tous étés, au moins une fois, amenés à prononcer. Une sentence mêlée de vérité mais aussi de contre vérité. La vie n’était-elle pas dure pour les parents venus d’ailleurs, Algérie, Maroc ou encore Chine, Cambodge ? La vie n’était-elle pas dure pour les jeunes dans les années 70-80, où sous couvert de prendre leur indépendance de nombreux jeunes se sont retrouvés sur le carreau ? A l’époque il y avait au moins du travail me direz-vous. Certes, mais il y avait aussi les maladies sexuellement transmissibles à propos desquelles les jeunes de l’époque n’étaient pas sensibilisés, la drogue et l’alcoolisme qui étaient des pratiques cachées ou stigmatisées, l’homosexualité pire qu’un tabou, une maladie. Même si les malheurs d’autrefois ne font pas nécessairement le bonheur d’aujourd’hui, il est bon de se rappeler de temps en temps que non tout n’était pas plus simple à l’époque de nos parents.

 La génération Y est porteuse d’optimisme

Lorsque je regarde la situation dans laquelle sont mes amis ou mes proches, cela me fait positiver. Quelles que soient leurs origines sociales, la plupart d’entre eux réussissent ou du moins s’accrochent sans perdre la volonté de continuer, à se bouger, se sociabiliser, apprendre, comprendre… En somme être des hommes et des femmes actives, qui malgré les difficultés souhaitent demeurer maîtres de leurs destins. Les uns font des études prestigieuses sans nécessairement être terrifiés par le manque de débouchés, les autres profitent de la vingtaine pour faire la fête et trouver des opportunités de petits boulots, la stabilité c’est pour plus tard !

Je veux bien admettre qu’on ne fréquente toujours que certains cercles et que mon impression de mixité sociale parmi mes amis n’est sûrement qu’une illusion. Tous ont un toit sur la tête, peuvent être considérés par certains comme des petits bourgeois ou bourgeois en devenir. Il est certainement plus dur d’être optimiste lorsque l’on n’a aucun diplôme en poche, pas de famille sur qui s’appuyer en cas de coup dur, aucun sous en poche. Pourtant rien n’est jamais perdu, nous avons des exemples de jeunes qui partis de rien, ont réussi aujourd’hui. Cette impression de désespoir et d’être une génération « abandonnée » est issu du discours à propos de la société française. Si la France est endettée, mollassonne, incapable de sortir de la crise, il semble évident qu’il doit en être de même pour la jeunesse de France. Et bien non, la jeunesse de notre pays est pleine de rêve et d’envies et ne doit pas se laisser museler par les discours économiques accablant ou être frappée du sceau de l’austérité.

Génération Y, assumons-nous !

Quand je pense à la jeunesse à laquelle j’appartiens aujourd’hui, je pense à la musique, aux fêtes, aux voyages, aux échanges, aux réflexions mais aussi aux coups de gueule, de déprime, à l’inquiétude du futur, au poids trop lourd des erreurs du passé que nous devons porter sur nos épaules. Pourtant qu’on se le dise, les problèmes d’aujourd’hui n’ont pas pour la plupart été créés par nous, mais par les générations passées. Nous n’avons pas à porter le fardeau et la responsabilité de la crise économique résultat des décisions prises par des décennies de dirigeants. Nous devons continuer à avancer, même parfois dans la galère pour ne surtout pas réitérer les mêmes erreurs, que si nous nous voyons comme une « génération sacrifiée » il n’en soit pas de même pour nos enfants. Investissons-nous, dans le sport, les études, le travail, la solidarité, la politique, mais surtout assumons-nous comme LA nouvelle génération.

Retrouvez les avis des autres rédacteurs de RadioVL en cliquant ici