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La flexisécurité ou « modèle suédois » est un dispositif social en vigueur dans nombre de pays nordiques, qui en termes de flexibilité, facilite le droit de licenciement aux entreprises, tout en proposant côté sécurité, des indemnités longues et importantes aux salariés licenciés.

Ce modèle incarne pour de nombreux économistes un exemple de réussite tant dans le domaine économique que social dont certains pays européens devraient s’inspirer pour sortir de la crise. L’économiste Philippe Aghion milite en faveur d’une application de la flexisécurité en France qui permettrait, selon lui, de mettre en place « une économie de l’innovation »[1]. Dans son dernier ouvrage Changer de modèle paru en Avril 2014 et rédigé conjointement avec ses confrères Gilbert Cette et Elie Cohen, Philippe Aghion relève les trois spécificités de ce qu’il appelle le « modèle danois »[2]. Tout d’abord celui-ci permet une grande flexibilité grâce à des démarches d’embauche mais aussi de licenciement facilitées, les salariés qui ont été licenciés  se voient indemnisés généreusement et orientés vers des formations ou des emplois de reconversion, cet ensemble de pratiques permet ainsi « une baisse efficace et équitable du taux de chômage et une amélioration du rapport au travail ». Une solution qui semble réelle comme en témoigne les réussites du Danemark, de la Suède ou de la Norvège, mais Philippe Aghion déplore que « la gouvernance très inefficace, pour ne pas dire désastreuse, de [notre] système de formation professionnelle. » empêche ce modèle de pouvoir s’importer rapidement en France.



[2] Changer de modèle – P.Aghion, G. Cette, E.Cohen ed. Odile Jacob Avril 2014