Actuellement en stage auprès de Psychologies Magazine et afin d'alimenter plus régulièrement ce blog, je vous proposerais ponctuellement des extraits et liens vers mes articles les plus importants. Pour commencer, voici le dernier en date intitulé "Islam radical : comment les parents peuvent-ils faire face à l'embrigadement de leur enfants ?" constitué d'une longue interview de Dounia Bouzar, créatrice du Centre de Prévention des Dérives Sectaires liées à l'Islam (CPDSI).

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Islam radical : comment les parents peuvent-ils faire face à l'embrigadement de leurs enfants ?

De plus en plus de jeunes Français - filles ou garçons - prennent la voie de la radicalisation, jusqu'à parfois partir rejoindre les combattants du djihad. Inquiétude, incompréhension, sentiment d'impuissance voire de culpabilité... Les parents qui découvrent que leurs enfants sont tombés entre les mains des recruteurs sont plongés dans une détresse légitime. Comment réagir face à l'endoctrinement des plus jeunes à l'islam radical ?

Quelques jours après les fêtes de Noël, trois jeunes, tout juste majeurs, ont quitté leurs familles et la France pour rejoindre les rangs des combattants du djihad. La veille du départ, tous avaient regardé un film avec leurs mères et multiplié les signes d'affection. Que ce rituel soit indiqué par les recruteurs pour brouiller les pistes ou pour profiter une dernière fois des proches, le résultat demeure le même : les trois familles se sont réveillées avec un disparu. Une blessure profonde et douloureuse. Cet exemple n'est pas anecdotique : des centaines de jeunes Français seraient partis faire le djihad. Dounia Bouzar, fondatrice du Centre de Prévention contre les dérives sectaires liées à l'islam (CPDSI), association qui mène les premières expériences de " déradicalisation " en France, invite les parents à chercher chez leurs enfants les " signes de rupture " pour prévenir toute dérive radicale. Mais lorsqu'il est trop tard il faut alors procéder à la " remobilisation de l'individu ". Un processus long et complexe qui ne peut se faire qu'avec l'aide de la CPDSI et l'appui de psychologues.

Quels sont les moyens utilisés par les recruteurs pour amener, parfois de façon très rapide, un jeune vers l'islam radical et le djihad ?

Dounia Bouzar : Ces derniers mois, le discours intégriste s'est affiné, les techniques d'embrigadement se sont transformées en proposant une " individualisation de l'offre ". C'est une méthode utilisée uniquement en France. Le rabatteur personnalise le recrutement en utilisant différentes techniques de dérives sectaires pour couper le jeune de son identité, de son histoire, de sa mémoire et de sa famille.

Le point commun des jeunes filles embrigadées, quelle que soit leur origine ou classe sociale, a été d'avoir indiqué sur Internet qu'elles voulaient faire un métier altruiste : assistante sociale, médecin, infirmière. les chasseurs de tête de l'islam radical ciblent précisément ces filles grâce à des mots clés et utilisent des vidéos d'embrigadement " humanitaire" avec un discours simple du type " Comment peux-tu faire des études alors que Bachar El Assad tue des enfants et que la communauté internationale ne fait rien ? "

Du côté des garçons, les recruteurs manipulent ceux qui recherchent une communauté fraternelle, l'aventure, l'adrénaline. Une forme de rite initiatique qui leur permettrait de s'affirmer en tant qu'hommes. Les rabatteurs utilisent alors les codes du jeu vidéo - des éléments visuels, des héros et personnages de jeux très connus et à la mode - dans leurs vidéos d'embrigadement. Au cours de notre travail à la CPDSI, nous avons pu constater qu'un jeune garçon avait repris dans son embrigadement à l'islam radical le même pseudonyme que celui qu'il avait dans un jeu vidéo. Il y a un glissement facilité du virtuel vers la réalité.. [Lire la suite gratuitement sur le site Psychologies.com]