Kaplan

Voici un extrait de mon compte-rendu de lecture pour la revue Sciences Humaines à propos de l'ouvrage La revanche de la géographie de Robert D.Kaplan :

Et si pour comprendre les enjeux mondiaux actuels et prévenir les conflits à venir, il fallait réexaminer de plus près les cartes géographiques ?

De nombreux experts ont tendance à occulter la géographie au profit du droit, de la science politique et des relations internationales pour analyser les conflits contemporains. Or, les cartes parlent aussi ; elles sont même susceptibles de contenir en leur sein les scénarios du futur. Voici en substance la thèse de Robert D. Kaplan, journaliste américain, qui prévoit La Revanche de la géographie.

La thèse n’est pas tout à fait nouvelle. R.D. Kaplan s’inscrit dans une lignée d’auteurs de Halford John Mackinder, père de la géopolitique anglo-saxonne, à Fernand Braudel en France qui se sont attachés à utiliser la géographie pour étudier les sociétés, leurs modes de fonctionnements et leurs aspirations. L’originalité de l’étude de R.D. Kaplan vient de sa méthode hybride, qui s’appuie aussi bien sur sa culture théorique – en science politique – que sur ses propres expériences de voyageur. Il a en effet parcouru le monde en tant que reporter, notamment l’Irak, la Turquie, l’Iran et l’Inde. L’auteur propose ainsi une analyse géopolitique claire et précise de différentes nations comme la Chine, la Russie mais bien d’autres également dont la politique à venir s’annonce déterminante pour notre futur.

L’intérêt de la géographie dans le domaine de la géopolitique est de proposer une réflexion dans le temps long. Elle nous permet de comprendre pourquoi la Chine, puissance historiquement tournée vers la terre, mène actuellement une politique maritime agressive comme en témoignent les différents accrochages avec le Japon à propos des îles Sensaku. Dans sa volonté de s’affirmer en tant que grande puissance mondiale, la Chine doit aujourd’hui pour la première fois s’imposer comme une puissance maritime. Son apparente agressivité sur mer proviendrait d’un manque d’expérience et de connaissance des subtilités de la stratégie navale. Partant de ce principe, R.D. Kaplan émet alors l’hypothèse d’une pacification progressive de la politique militaire maritime chinoise, moins offensive mais plus tactique [...]

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